Congés payés non pris en 2026 : indemnité et report autorisé

Par Guillaume Mis à jour le 15/06/2026 2 min de lecture

duree legale

5 semaines de congés payés par an (30 jours ouvrables)

date limite

31 mai 2026 : fin de la période de prise des congés acquis en 2024-2025

indemnite cp

10% de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence

report maladie

15 mois maximum pour reporter des congés non pris pour cause de maladie (loi du 22 avril 2024)

Le principe : prise effective avant le 31 mai

En France, la période de prise des congés payés court généralement du 1er juin au 31 mai de l année suivante, sauf accord d entreprise ou convention collective prévoyant une autre période. Les salariés acquièrent 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit 30 jours (cinq semaines) sur une année complète.

Le Code du travail (article L3141-12) impose en principe que les congés acquis soient posés pendant la période légale. À défaut, ils sont reputes perdus, sauf exceptions. La Cour de cassation rappelle régulièrement que l employeur a une obligation active : il doit s assurer que ses salariés sont en mesure de prendre leurs congés (Cass. soc. 13 juin 2012, n 11-10.929). Faute de quoi, le salarié peut réclamer leur paiement ou un report sans perte.

Report, perte et indemnité compensatrice

Trois situations principales permettent de reporter ou monétiser les congés non pris :

  • Accord de l employeur ou usage d entreprise autorisant un report sur la période suivante ;
  • Congés non pris du fait de l employeur (refus, surcharge prouvée) : le salarié obtient des dommages-intérêts équivalents à l indemnité de congés ;
  • Rupture du contrat (démission, licenciement, fin de CDD) : versement d une indemnité compensatrice égale à 10% de la rémunération brute de la période de référence, ou maintien du salaire si plus favorable.

Hors ces cas, les jours non posés au 31 mai sont en principe perdus. Il est donc essentiel de vérifier son solde sur le bulletin de paie avant l été et de poser ses dates suffisamment tôt.

Fiscalité et cas de la maladie

L indemnité compensatrice de congés payés est intégralement imposable : elle constitue un complément de salaire soumis aux cotisations sociales, à la CSG/CRDS et à l impôt sur le revenu via le prélèvement à la source. Pour anticiper l impact net, le calculateur de salaire permet d ajouter cette somme au brut mensuel.

Cas particulier : depuis la loi du 22 avril 2024 (JO du 23 avril), les salariés en arrêt maladie acquièrent désormais des congés payés, dans la limite de 24 jours ouvrables par an pour les arrêts non professionnels. À leur retour, ils disposent d un délai de report de 15 mois pour les poser. Cette réforme aligne le droit français sur la directive européenne 2003/88/CE et concerne des millions de salariés selon les premières estimations de la DARES.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser de me payer mes congés non pris ?

Mon employeur peut-il refuser de me payer mes congés non pris ?
Oui, sauf si le non-prise résulte du fait de l employeur (refus de poser les dates, charge de travail empêchant la prise). En cas de rupture du contrat, en revanche, le solde de tout compte doit obligatoirement inclure une indemnité compensatrice pour tous les jours acquis non posés.

Les congés non pris pendant un arrêt maladie sont-ils perdus ?

Les congés non pris pendant un arrêt maladie sont-ils perdus ?
Non. Depuis la loi du 22 avril 2024 transposant la jurisprudence européenne, les salariés en arrêt maladie continuent d acquérir des congés payés (2 jours ouvrables par mois, plafonnés à 24 jours par an pour les arrêts non professionnels). Ils disposent ensuite de 15 mois pour les poser après leur retour.

L indemnité compensatrice est-elle imposable ?

L indemnité compensatrice est-elle imposable ?
Oui. L indemnité compensatrice de congés payés est soumise à l impôt sur le revenu et aux cotisations sociales comme un salaire classique. Elle figure sur le bulletin de paie et entre dans le revenu net imposable déclaré à l administration fiscale.