Alimentation : les prix montent, la part du budget baisse
Alimentation : l'evolution des prix depuis 1996
Source : Eurostat — indice des prix a la consommation harmonise, France
× 1,84
Alimentation
Entre 1996 et 2025
× 1,66
l'ensemble des prix
L'inflation moyenne sur la meme periode, tous produits confondus
+10,8 %
par rapport a l'inflation
Ce poste a augmente plus vite que la moyenne des prix
Prix compare a l'inflation, base 100 en 1996
La courbe grise est l'inflation d'ensemble. Quand la courbe coloree passe au-dessus, le poste renchérit plus vite que le reste ; en dessous, il devient relativement plus abordable.
Les indices sont rebases a 100 en 1996. Le prix « relatif » rapporte chaque poste a l'indice d'ensemble : au-dessus de 100 le poste a augmente plus vite que l'inflation, en dessous il est devenu relativement meilleur marche. Le pouvoir d'achat rapporte le salaire net moyen en euros constants au prix relatif du poste.
Jours de travail par an pour le meme panier
Nombre de jours de travail que ce poste absorbe chaque annee, rapporte au salaire net moyen de l'annee consideree. Quand la courbe monte, il faut travailler plus longtemps pour la meme chose.
Calcul a panier constant : on suit le cout du meme panier alimentaire au fil des annees, rapporte au salaire net moyen de chaque annee. La courbe mesure l'effort necessaire pour se nourrir a l'identique.
Ce que ce poste represente sur un salaire
Poids de ce poste dans le budget de consommation des menages, traduit pour un salarie au cas type de ce site : 2 245 EUR net par mois, une fois l'impot preleve.
14,7 %
du budget
Contre 19,2 % en 1996, soit -4,5 points
330 EUR
par mois
Soit environ 3 966 EUR sur l'annee
1,5 mois
de salaire par an
L'equivalent de 45 jours de l'annee, calcule sur 2024
La part du budget provient des ponderations de l'indice des prix a la consommation harmonise (Eurostat). Contrairement a l'automobile, ce poste concerne tous les menages : la moyenne y est donc representative. La conversion en euros suppose que l'integralite du salaire net est consommee ; un menage qui epargne y consacre un montant un peu inferieur.
Et cote salaire ? Ces prix ne disent rien de ce qui reste dans la poche du salarie. Nous avons reconstitue, sur soixante-quinze ans, la part du cout du travail prelevee par les cotisations et l'impot, puis ce qu'un salaire permet encore d'acquerir. Lire l'enquete sur le cout du travail.
Des prix qui progressent un peu plus vite
Entre 1996 et 2025, les produits alimentaires ont vu leur prix multiplie par 1,84, contre 1,66 pour l'ensemble des prix. L'ecart avec l'inflation atteint donc environ 11 % sur trente ans — une hausse reelle, mais sans commune mesure avec celle du carburant.
Cet ecart s'est surtout creuse recemment : l'episode inflationniste de 2022 et 2023 a frappe l'alimentation plus durement que les autres postes, avec des hausses annuelles a deux chiffres sur certains produits. C'est ce choc, tres recent et tres visible au quotidien, qui domine aujourd'hui la perception.
La part du budget a pourtant fondu
Sur longue periode, le mouvement de fond va dans l'autre sens, et il est spectaculaire. L'alimentation representait environ 29 % du budget de consommation des menages en 1960. Elle en represente aujourd'hui 14,7 % selon les ponderations les plus recentes de l'indice des prix.
Ce recul est l'un des marqueurs les plus nets de l'elevation du niveau de vie. Il porte un nom en economie : la loi d'Engel, selon laquelle la part du revenu consacree a l'alimentation diminue a mesure que le revenu augmente. C'est la part la plus faible jamais mesuree depuis que cette statistique existe.
Les deux constats sont compatibles : les prix alimentaires ont augmente un peu plus vite que la moyenne sur trente ans, mais les revenus ont progresse davantage encore sur soixante ans, et la place de l'alimentation dans les depenses s'est reduite d'autant.
Deux referentiels coexistent ici, et il faut le savoir pour lire les chiffres : les ponderations de l'indice des prix, disponibles depuis 1996, donnent 14,7 % aujourd'hui contre 19,2 % il y a trente ans ; les comptes nationaux, qui remontent plus loin mais couvrent un champ un peu plus large, situent la part a environ 29 % en 1960. Les deux decrivent le meme mouvement de fond.
Ou est passe l'argent libere
La question devient alors : qu'est-ce qui a pris la place ? Principalement le logement, dont le coefficient budgetaire a fortement augmente sur la meme periode, ainsi que les transports, la sante, les communications et les loisirs.
Autrement dit, la structure du budget des menages s'est deformee : moins de depenses de subsistance, davantage de depenses liees au logement et aux services. C'est ce deplacement, plus que le prix du panier alimentaire, qui explique la tension ressentie sur les fins de mois — le logement etant, lui, une depense difficilement compressible.