Alternance et apprentissage : comprendre sa rémunération en 2026

Par Guillaume Publié le , mis à jour le 9 min de lecture

Grille complète de rémunération en alternance et apprentissage en 2026 : calcul par âge et année de contrat, exonérations et aides employeur.

Alternance et apprentissage : comprendre sa rémunération en 2026

Contrat d'apprentissage vs contrat de professionnalisation

L'alternance regroupe deux types de contrats distincts : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. Bien qu'ils partagent le principe d'alternance entre formation théorique et travail en entreprise, leurs règles de rémunération, de durée et de public ciblé diffèrent sensiblement.

Le contrat d'apprentissage relève de la formation initiale. Il s'adresse aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (sans limite d'âge pour les travailleurs handicapés, les sportifs de haut niveau et les créateurs d'entreprise). Sa durée est de 6 mois à 3 ans selon le diplôme préparé (CAP, Bac pro, BTS, licence, master, ingénieur). L'apprenti suit une formation dans un Centre de Formation d'Apprentis (CFA) et travaille en entreprise sous la responsabilité d'un maître d'apprentissage.

Le contrat de professionnalisation relève de la formation continue. Il s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans et aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus. Sa durée est de 6 à 12 mois (jusqu'à 24 mois par accord de branche). Le salarié suit une formation qualifiante ou certifiante et travaille en entreprise sous la tutelle d'un tuteur. Les règles de rémunération sont plus favorables que pour l'apprentissage à âge équivalent.

En termes de volume, le contrat d'apprentissage domine largement : en 2024, plus de 850 000 contrats d'apprentissage ont été signés en France, contre environ 120 000 contrats de professionnalisation. Les réformes successives (loi Avenir professionnel de 2018, aides exceptionnelles Covid puis pérennisées) ont fortement développé l'apprentissage, en particulier dans l'enseignement supérieur.

Pour l'employeur, le choix entre les deux contrats dépend du profil du candidat, du diplôme visé et des aides financières disponibles. Pour l'alternant, le contrat de professionnalisation offre généralement une rémunération légèrement plus élevée mais des avantages sociaux et fiscaux moindres. Notre calculateur vous permet de simuler votre rémunération nette dans les deux cas.

Grille de rémunération de l'apprenti en 2026

La rémunération minimale de l'apprenti est fixée en pourcentage du SMIC (ou du salaire minimum conventionnel s'il est plus favorable), en fonction de l'âge de l'apprenti et de l'année d'exécution du contrat. Le SMIC brut mensuel 2026 étant de 1 867,02 EUR (12,31 EUR/h), voici la grille applicable :

Moins de 18 ans :

  • 1re année : 27 % du SMIC = 504,10 EUR brut/mois
  • 2e année : 39 % du SMIC = 728,14 EUR brut/mois
  • 3e année : 55 % du SMIC = 1 026,86 EUR brut/mois

De 18 à 20 ans :

  • 1re année : 43 % du SMIC = 802,82 EUR brut/mois
  • 2e année : 51 % du SMIC = 952,18 EUR brut/mois
  • 3e année : 67 % du SMIC = 1 250,90 EUR brut/mois

De 21 à 25 ans :

  • 1re année : 53 % du SMIC = 989,52 EUR brut/mois
  • 2e année : 61 % du SMIC = 1 138,88 EUR brut/mois
  • 3e année : 78 % du SMIC = 1 456,28 EUR brut/mois

26 ans et plus :

  • Toutes années : 100 % du SMIC = 1 867,02 EUR brut/mois (ou salaire minimum conventionnel si supérieur)

Ces montants sont des minimums légaux. De nombreuses conventions collectives et entreprises versent des rémunérations supérieures, en particulier dans les secteurs en tension (informatique, industrie, BTP). Certains grands groupes versent systématiquement 10 à 20 points de pourcentage au-dessus de la grille légale pour attirer les meilleurs profils.

Point important : la rémunération des apprentis est exonérée de l'impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC (article 81 bis du CGI), sans condition d'âge, soit environ 22 184 EUR pour 2026 (cinq mois à 1 823,03 EUR puis sept mois à 1 867,02 EUR). Au-delà de ce seuil, seule la fraction excédentaire est imposable. Cette exonération s'applique même si l'apprenti est rattaché au foyer fiscal de ses parents.

Grille de rémunération du contrat de professionnalisation

La rémunération du salarié en contrat de professionnalisation est également fixée en pourcentage du SMIC, mais avec des taux plus élevés que pour l'apprentissage à âge équivalent. La grille dépend de l'âge et du niveau de qualification initiale du bénéficiaire.

Moins de 21 ans :

  • Qualification inférieure au bac : 55 % du SMIC = 1 026,86 EUR brut/mois
  • Qualification égale ou supérieure au bac : 65 % du SMIC = 1 213,56 EUR brut/mois

De 21 à 25 ans :

  • Qualification inférieure au bac : 70 % du SMIC = 1 306,91 EUR brut/mois
  • Qualification égale ou supérieure au bac : 80 % du SMIC = 1 493,62 EUR brut/mois

26 ans et plus (demandeurs d'emploi) :

  • Au minimum le SMIC (1 867,02 EUR) ou 85 % du salaire minimum conventionnel de branche s'il est plus favorable

Contrairement à l'apprentissage, la rémunération du contrat de professionnalisation n'évolue pas automatiquement avec l'année du contrat. Elle est fixée pour la durée du contrat, sauf augmentation du SMIC ou avenant contractuel. L'évolution se fait uniquement au passage dans une tranche d'âge supérieure (le jour du 21e ou du 26e anniversaire).

Sur le plan fiscal, la rémunération du contrat de professionnalisation est intégralement soumise à l'impôt sur le revenu, contrairement à celle de l'apprentissage. C'est un point de différence important à prendre en compte dans le choix du type de contrat. Pour un alternant de 22 ans en contrat de professionnalisation percevant 80 % du SMIC, la rémunération annuelle d'environ 17 900 EUR (douze mois au SMIC de juin 2026) sera incluse dans le revenu imposable (si déclaré comme indépendant fiscalement) ou dans celui des parents (si rattaché au foyer).

Utilisez notre calculateur pour comparer votre rémunération nette en contrat d'apprentissage et en contrat de professionnalisation, en tenant compte des exonérations fiscales applicables à chaque type de contrat.

Exonérations de cotisations et avantages sociaux

Les alternants bénéficient d'un régime social avantageux qui renforce significativement le pouvoir d'achat de leur rémunération brute. Ces avantages diffèrent selon le type de contrat et le niveau de rémunération.

Apprentissage — exonérations salariales : le régime dépend de la date de conclusion du contrat (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025). Pour un contrat conclu depuis le 1er mars 2025, les cotisations salariales sont exonérées sur la fraction de la rémunération n'excédant pas 50 % du SMIC, soit 933,51 EUR brut mensuels depuis le 1er juin 2026 ; au-delà, cotisations salariales, CSG et CRDS s'appliquent sur la différence. Pour un contrat conclu au plus tard le 28 février 2025, l'exonération couvre la fraction n'excédant pas 79 % du SMIC, et la rémunération reste hors CSG et CRDS.

Concrètement, un apprenti de 22 ans en 2e année payé 61 % du SMIC (1 138,88 EUR brut) conserve un net très proche du brut sous l'ancien régime ; sous le nouveau, les prélèvements portent sur les 205,37 EUR situés au-dessus de 50 % du SMIC.

Apprentissage — exonérations patronales : L'employeur bénéficie de la réduction générale de cotisations patronales (ex-réduction Fillon, RGDU en 2026) sur les cotisations de sécurité sociale, de retraite complémentaire, d'assurance chômage et de la contribution au FNAL. Pour les entreprises de moins de 250 salariés, ces exonérations sont particulièrement avantageuses et rendent le coût employeur de l'apprenti nettement inférieur à celui d'un salarié classique au même niveau de rémunération.

Contrat de professionnalisation : Le régime social est moins avantageux que pour l'apprentissage. Les cotisations salariales sont dues selon le droit commun (environ 22 % du brut), ce qui réduit le salaire net. Côté employeur, la réduction générale de cotisations s'applique également, ainsi que des exonérations spécifiques pour les contrats conclus avec des demandeurs d'emploi de 45 ans et plus.

Autres avantages communs : Les alternants bénéficient des mêmes droits que les autres salariés de l'entreprise : congés payés (2,5 jours ouvrables par mois), accès au restaurant d'entreprise, participation aux transports, mutuelle d'entreprise. Les apprentis ont droit à 5 jours de congé supplémentaires pour la préparation des examens. Les deux types de contrat ouvrent des droits au chômage en fin de contrat si celui-ci n'est pas renouvelé.

Pour estimer précisément votre salaire net en alternance, notre calculateur intègre toutes ces spécificités et vous affiche la décomposition détaillée des cotisations selon votre type de contrat, votre âge et votre année de formation.

Aides à l'embauche d'un alternant en 2026

Depuis le 8 mars 2026, deux aides coexistent pour les contrats d'apprentissage, sans cumul possible entre elles : l'aide unique (article L. 6243-1 du Code du travail) et l'aide exceptionnelle du décret n° 2026-168 du 6 mars 2026. L'une et l'autre ne portent que sur la première année d'exécution du contrat et sont versées chaque mois par l'ASP (Agence de services et de paiement).

Montants maximaux selon l'effectif et le niveau du diplôme préparé :

  • Entreprise de moins de 250 salariés, diplôme jusqu'au baccalauréat (niveaux 3 et 4) : 5 000 EUR (aide unique)
  • Moins de 250 salariés, bac+2 (niveau 5) : 4 500 EUR
  • Moins de 250 salariés, bac+3 à bac+5 (niveaux 6 et 7) : 2 000 EUR
  • Entreprise de 250 salariés et plus : 2 000 EUR jusqu'au baccalauréat, 1 500 EUR au niveau bac+2, 750 EUR de bac+3 à bac+5, sous condition d'atteindre un pourcentage minimal d'alternants dans l'effectif
  • Apprenti reconnu travailleur handicapé : 6 000 EUR, quelle que soit la taille de l'entreprise

L'aide exceptionnelle vise les contrats dont l'exécution commence avant le 1er janvier 2027. Au-delà de cette date, son éventuelle reconduction dépendra d'un nouveau texte.

Contrat de professionnalisation : il n'ouvre plus droit à l'aide exceptionnelle. Restent des aides ciblées pour l'embauche d'un demandeur d'emploi : 2 000 EUR à partir de 26 ans, 4 000 EUR à partir de 45 ans, selon les conditions fixées par France Travail.

Coût réel pour l'employeur : la rémunération minimale d'un apprenti s'exprime en pourcentage du SMIC (1 867,02 EUR brut mensuels depuis le 1er juin 2026). En première année, elle va ainsi de 504,10 EUR brut pour un apprenti de moins de 18 ans (27 %) à 989,52 EUR pour un apprenti de 21 à 25 ans (53 %). Une fois l'aide déduite, la première année d'un apprenti préparant un CAP ou un baccalauréat dans une petite entreprise coûte nettement moins qu'un salarié au SMIC ; l'écart se réduit pour les diplômes du supérieur, où l'aide est plus faible. Le simulateur de coût employeur donne le montant exact selon le profil.

Sources : décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis (Légifrance, JORFTEXT000053634597) ; article L. 6243-1 du Code du travail.

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Le calculateur traite le statut d'apprenti et ses exonérations de cotisations.

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Questions fréquentes

Un apprenti paie-t-il des impôts sur sa rémunération ?

Un apprenti paie-t-il des impôts sur sa rémunération ?
Le salaire d'un apprenti est exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC (article 81 bis du Code général des impôts), sans condition d'âge. En pratique, la grande majorité des apprentis n'est pas imposée sur ce salaire, qui reste le plus souvent inférieur à ce seuil. Lorsque la rémunération le dépasse, seule la fraction excédentaire est imposable.

Quelle est la différence de rémunération entre apprentissage et professionnalisation ?

Quelle est la différence de rémunération entre apprentissage et professionnalisation ?
À âge équivalent, le contrat de professionnalisation prévoit généralement une rémunération brute supérieure. Par exemple, pour un alternant de 22 ans, le minimum est de 53 % du SMIC en apprentissage (1re année) contre 70-80 % en professionnalisation. Cependant, l'apprenti bénéficie d'exonérations de cotisations salariales plus importantes, ce qui réduit l'écart en net. L'exonération fiscale de l'apprentissage constitue un avantage supplémentaire significatif.

L'alternant a-t-il droit aux congés payés et aux avantages de l'entreprise ?

L'alternant a-t-il droit aux congés payés et aux avantages de l'entreprise ?
Oui, l'alternant est un salarié à part entière et bénéficie des mêmes droits que les autres salariés : 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois travaillé, accès au restaurant d'entreprise, mutuelle obligatoire, remboursement transport à 50 %, primes prévues par la convention collective. Les apprentis ont en plus 5 jours de congé supplémentaires pour la préparation des examens.