52 conventions collectives sur 96 ont un premier salaire minimum sous le SMIC

Par Guillaume Publié le 5 min de lecture
52 conventions collectives sur 96 ont un premier salaire minimum sous le SMIC

grilles sous le smic

52 sur 96

smic mensuel

1 867,02 € brut

metallurgie

1 831,67 €

syntec

1 815 €

Le constat

Le SMIC a été revalorisé deux fois en 2026 : de 1,2 % au 1er janvier, puis de 2,41 % au 1er juin, pour atteindre 1 867,02 € brut par mois (12,31 € de l'heure). Quinze de ces branches étaient déjà sous le SMIC de janvier (1 823,03 €), dont Syntec (1 815 €) ; les 37 autres sont passées dessous le 1er juin.

Sur les 96 conventions collectives nationales retenues parmi celles dont le site publie la grille de salaires minima, extraite de la base KALI de la DILA (voir la méthode), 52 ont aujourd'hui un premier minimum mensuel inférieur au SMIC. Parmi elles figurent les deux plus grandes branches du secteur privé : la métallurgie et Syntec.

Ce que cela change pour le salarié

Rien sur la fiche de paie du premier niveau : aucun salarié ne peut être payé moins que le SMIC, quelle que soit la grille de sa branche, hors abattements prévus par la loi pour les apprentis, les contrats de professionnalisation et les moins de 18 ans ayant moins de six mois de pratique. L'employeur verse au moins 1 867,02 € brut pour un temps plein.

L'effet est ailleurs : quand plusieurs niveaux de la grille sont rattrapés par le SMIC, ils sont payés pareil. Un salarié qui monte d'un ou deux échelons peut ne voir aucune différence de salaire. À la pharmacie d'officine, par exemple, 10 des 40 niveaux de la grille sont sous le SMIC.

Quand le premier minimum d'une branche passe sous le SMIC, le code du travail (article L. 2241-10) impose aux organisations liées par la convention de se réunir pour négocier sur les salaires : faute d'initiative patronale dans les 45 jours, la négociation s'engage dans les 15 jours qui suivent la demande d'une organisation syndicale représentative. Il ne les oblige pas à conclure.

Les plus grandes branches concernées

Les huit branches de la liste dont l'effectif couvert est connu (bilan de la négociation collective 2024, ministère du Travail) :

ConventionSalariés couvertsPremier minimum mensuelÉcart avec le SMICNiveaux sous le SMIC
Métallurgie1 570 2001 831,67 €35,35 €2 sur 18
Syntec1 400 1001 815,00 €52,02 €2 sur 17
Services à la personne224 1001 771,51 €95,51 €4 sur 4
Commerce de détail non alimentaire144 9001 829,00 €38,02 €4 sur 9
Pharmacie d'officine141 2001 824,00 €43,02 €10 sur 40
Industrie pharmaceutique140 2001 837,34 €29,68 €2 sur 20
Cabinets médicaux124 1001 782,14 €84,88 €2 sur 13
Organismes de formation119 4001 840,87 €26,15 €5 sur 31

Ces huit branches couvrent à elles seules environ 3,9 millions de salariés. L'effectif n'est connu pour aucune des 44 autres : le total réel est plus élevé, sans qu'on puisse le chiffrer.

Méthode

Les grilles sont celles de la base KALI (DILA), dans leur dernière version en vigueur, extraites par le site en octobre 2026 (état de la base au 5 octobre) ; les montants horaires sont convertis en mensuel sur 151,67 heures, les montants annuels divisés par douze. Le nombre de niveaux sous le SMIC est compté sur l'ensemble des grilles de la convention. Sont exclues les conventions territoriales et celles dont la grille n'a pas pu être lue de façon fiable. Pour la production agricole et les CUMA, la grille du 1er octobre 2026 (avenant n° 11), alignée sur le SMIC, est prise en compte.

Dix branches ont conclu en 2026 un accord salarial étendu que la base KALI n'intégrait pas encore : la grille retenue est celle du texte de l'accord. Huit démarrent au-dessus du SMIC : commerces de gros (1 871,09 € au 1er septembre 2026), gros de l'habillement (1 868 €), couture parisienne (23 109 € par an), bijouterie-joaillerie (1 900 €), cabinets d'avocats (1 906,77 €), entreprises artistiques et culturelles (1 868,67 €), fabrication et commerce des produits à usage pharmaceutique, parapharmaceutique et vétérinaire (1 875 € au 1er juin 2026) et mareyeurs-expéditeurs (1 867,06 € au 1er juillet 2026). Deux démarrent exactement au niveau du SMIC (1 867,02 €) et ne sont donc pas comptées en dessous : les succursales de la chaussure (au 1er août 2026) et l'industrie de la chaussure (au 1er juin 2026). Les accords des mareyeurs-expéditeurs, des produits pharmaceutiques et vétérinaires et de l'industrie de la chaussure ont été étendus par arrêtés du 8 octobre 2026, publiés au Journal officiel du 13 octobre. Deux branches sont écartées du décompte. Les hôtels, cafés et restaurants changent de grille en cours de mois : leur avenant n° 36 du 4 juin 2026, étendu par arrêté du 12 octobre 2026 publié au Journal officiel du 15 octobre, porte le premier minimum de 12,00 € à 12,31 € de l'heure, le niveau du SMIC, à compter du 1er novembre 2026 ; jusqu'au 31 octobre, la grille de 2024 reste sous le SMIC. Le bricolage, lui, n'a pas de nouvelle grille publiée dans une source consultable. Chaque convention a sa page, qui détaille sa grille, le texte d'origine et sa date.

Questions fréquentes

Un employeur peut-il payer en dessous du SMIC si la convention le prévoit ?

Un employeur peut-il payer en dessous du SMIC si la convention le prévoit ?

Non. Le SMIC s'impose à toutes les conventions : un minimum conventionnel inférieur n'est pas applicable, et le salarié perçoit au moins le SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein depuis le 1er juin 2026, hors abattements légaux (apprentis, contrats de professionnalisation, moins de 18 ans).

Que doit faire une branche dont la grille passe sous le SMIC ?

Que doit faire une branche dont la grille passe sous le SMIC ?

Se réunir pour négocier sur les salaires (article L. 2241-10 du code du travail). Si la partie patronale ne prend pas l'initiative dans les 45 jours, la négociation s'engage dans les 15 jours suivant la demande d'une organisation syndicale représentative. La loi n'impose pas de résultat ni de délai pour conclure.